Devenir propriétaire ! C’est le rêve de beaucoup, un pas important dans la construction d’un foyer, d’une famille. En 2007, 20,3% des jeunes ménages de moins de 30 ans ont accédé à la propriété ; ils n’étaient que 13,2% en 2001. Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider dans ce qui sera l’une des étapes les plus marquantes d’une vie.
Calculer son budget : une première étape indispensable.
La réalisation d’un premier achat immobilier passe nécessairement par l’investissement d’une somme d’argent importante. Peu de personnes peuvent se permettre de financer entièrement l’achat de leur maison ou de leur appartement. Pour la plupart, il y a obligation d’emprunter la plus grande partie du prix du bien souhaité. La première étape dans la mise en place d’un projet sérieux est d’évaluer deux éléments : l’
apport personnel et la capacité d’endettement du foyer.
Pour toute demande de
crédit immobilier, vous devrez apporter une somme d’argent afin de financer une partie de votre achat. En effet, un crédit immobilier ne peut pas, dans la plupart des cas, couvrir toutes les dépenses liées à l’acquisition du bien (les frais de notaire par exemple ne peuvent être pris en charge par un prêt). C’est à vous de définir le montant de cet apport personnel. Il faut savoir que plus votre apport sera important, plus vous serez en position de négocier un prêt intéressant avec les banques. Néanmoins, il ne faut pas investir toutes vos économies dans cet apport personnel : gardez à l’esprit qu’au moment d’un achat immobilier quel qu’il soit, les dépenses, prévues ou non, sont nombreuses et il convient d’avoir à sa disposition suffisamment d’argent pour y faire face. Conservez donc une marge de manœuvre pour parer aux imprévus.
Il vous faut également évaluer votre capacité d’endettement. Pour cela, vous devez faire le point sur toutes les ressources de votre foyer, ainsi que sur vos charges. Sachez que les banques considèrent généralement qu’un taux d’endettement ne doit pas dépasser 33% pour qu’une situation financière reste saine. Bien sûr, un taux d’endettement moindre, de l’ordre de 25% par exemple, vous donnerait plus de souplesse dans la gestion de vos dépenses quotidiennes. Le calcul de votre capacité d’endettement vous permettra d’apprécier le montant total maximum que vous êtes en mesure d’emprunter : vous pouvez alors vous mettre en quête du logement correspondant à vos envies et à vos possibilités financières.
Choisir son logement : un équilibre fragile entre plaisir et raison.
Face à l’infini des possibles, quelle habitation choisir ? L’un trouvera charmant de vivre à la campagne ; un autre n’envisagera à aucun instant de quitter la ville ; un troisième souhaite un grand jardin : un autre encore préférera un appartement dominant les toits… Il n’est pas question ici d’édicter une règle du bon goût en matière d’habitation. Néanmoins, l’aspect financier pèse considérablement sur le choix à faire et il peut être bon de rappeler quelques points.
Neuf ou ancien ? Telle est la question récurrente au moment de choisir un logement. Beaucoup optent pour l’ancien car, après avoir commencé leurs recherches dans les agences immobilières, ils s’aperçoivent que le prix du neuf peut être jusqu’à 20% plus cher. Néanmoins, quelques réflexions peuvent venir nuancer ce jugement :
• L’ancien engendre certains frais qu’il faut prendre en compte : la consommation d’énergie du logement fait partie de ces frais qui augmentent quand on achète de l’ancien. Moins bien isolée, une construction ancienne amène des frais de chauffage jusqu’à deux fois plus importants. De même il convient de se renseigner sur la qualité des matériaux employés (plomb, amiante,…). Un diagnostic technique doit vous être remis par le vendeur.
• Les frais de notaires et les taxes peuvent atteindre jusqu’à 8% pour l’ancien selon les cas, quand ils ne montent que jusqu’à 3% dans le cas d’un logement neuf.
• La fiscalité aussi est différente entre le neuf et l’ancien. En achetant un logement ancien, vous bénéficierez d’une T.V.A. à 5.5% et d’un crédit d’impôt de 15%. Si vous le mettez en location, vous pourrez profiter d’un abattement de 40 % sur vos revenus fonciers. Dans le cas d’un logement neuf, vous serez exonéré de taxe foncière pendant 2 ans. Si vous louez votre bien pour une durée minimale de 9 ans, vous bénéficierez d’une déduction de 65 % sur vos revenus fonciers : 8 % par an pendant 5 ans, puis 2,5 % par an pendant 10 ans.
Si vous hésitez entre ces deux types de logements, à vous de voir, compte tenu de ces éléments, si la différence de prix est réellement si importante entre le neuf et l’ancien.
Mettre en place le financement de son projet.
Il existe différents types de prêts. Certains sont cumulables, d’autres sont accessibles en fonction du projet à financer. L’acquisition d’une
résidence principale peut se faire par l’intermédiaire d’un crédit immobilier classique. D’autres crédits, parfois plus intéressants, peuvent se cumuler à lui : le prêt à taux zéro, le prêt 1% patronal, le P.A.S. (Prêt à l’Accession Sociale), le prêt conventionné, Le P.E.L. (Plan d’Epargne Logement)…
Pour monter au mieux votre dossier de demande de prêt, il convient de vous renseigner auprès de spécialistes : les banques sont à votre disposition, de même que des sociétés spécialisées en opérations de crédit. Chacun de ces organismes présente des avantages.
• La banque est un interlocuteur rassurant : chacun connaît son banquier, souvent de longue date et il bénéficie de la confiance de ses clients. Mais, puisque vous êtes déjà client, il est possible que son offre de crédit ne soit pas la plus intéressante. Vous pouvez bien sûr faire jouer la concurrence et vous adresser à une autre banque que la vôtre : son offre sera peut-être plus attractive, à la condition bien souvent que vous domiciliiez vos comptes dans ce nouvel établissement.
• Les sociétés de courtage, spécialisées en opérations de crédit : qu’il opère dans une agence ou en ligne, le courtier joue le rôle d’intermédiaire entre l’emprunteur et le prêteur. Il compare les différentes offres, négocie pour vous les conditions les plus avantageuses et monte le dossier de prêt. Sa position privilégiée lui permet bien souvent d’offrir la proposition la plus intéressante. De plus aucun changement de domiciliation bancaire n’est nécessaire.
Votre intérêt est d’aller rencontrer les différents acteurs du marché, d’écouter et de comparer leurs offres.
Une fois que vous aurez trouvé la maison ou l’appartement qui vous convient, il vous faudra signer un compromis de vente, et accepter une offre de crédit pour financer votre achat. La loi a prévu de protéger le consommateur : vous bénéficiez de
délai de réflexion et de rétractation. De même la vente du bien immobilier est subordonnée à l’acceptation de votre demande de prêt. Le rendez-vous chez le notaire, pour la signature du contrat de vente, marquera le terme de vos démarches. Vous devenez propriétaire !
On nomme apport personnel la somme d’argent que vous possédez déjà et que vous êtes prêt à investir dans un projet pour le financer en partie. En effet il est souvent difficile de financer entièrement des acquisitions importantes, comme un logement, des travaux ou une voiture, et le recours au crédit s’impose parfois. Un apport personnel, souvent exigé par les banques, permettra de négocier au mieux les conditions d’emprunt proposées, notamment le taux d’intérêt. Il faut savoir qu’un apport personnel de l’ordre de 10% du prix total de l’acquisition est généralement bienvenu, et que plus l’apport est élevé, moins votre prêt vous coûtera cher. Notez aussi que les frais de notaire et de garantie ne sont pas financés par l’organisme prêteur. A contrario certains prêts annexes (prêts à taux 0%, prêt 1% patronal, etc…) peuvent être pris en compte dans le calcul de votre apport personnel.
Lorsque l’on achète à crédit un bien, un service ou des prestations, on bénéficie d’un délai de paiement. Une banque ou un organisme de crédit vous propose une offre de prêt et, si vous l’acceptez, règle le coût de votre achat à votre place. Vous remboursez ensuite le prêteur selon les modalités définies par le contrat signé. L’achat à crédit coût au final plus cher que l’argent comptant (achat réglé en totalité au moment de la vente), mais permet de faire l’acquisition de biens importants, comme un logement, une voiture…
Lorsqu’un organisme de crédit ou une banque vous fait une offre préalable de crédit, vous disposez d’un délai de réflexion pour prendre le temps de lire en détail l’offre et éventuellement de la comparer à des offres émanant d’autres organismes prêteurs. Il s’agit là d’un des éléments constitutifs de la loi Scrivener, qui a comme objectif la protection du consommateur. Le contrat définitif ne peut être signé qu’au terme du ce délai.
Dans le cadre d’un crédit à la consommation, le délai de réflexion qui vous est accordé est de 15 jours.
Pour un crédit immobilier, le délai minimal est de 10 jours incompressibles. De plus, il faut savoir que le prêteur a obligation de maintenir son offre aux mêmes conditions pendant 30 jours.
On nomme résidence principale le logement habité pendant la plus grande partie de l’année, au minimum 8 mois par an. Si vous résidez 6 mois dans un lieu, 6 mois dans un autre, on considère comme résidence principale le logement pour lequel vous bénéficiez des abattements pour la taxe d’habitation.