Rien de plus changeant que les taux d’intérêts des crédits immobiliers ! Ils évoluent en permanence, à la hausse comme à la baisse. Vient pourtant un moment où il faut se décider à réaliser ses projets et s’engager sur un taux. Mais depuis quelques temps, on constate une baisse générale, et certains emprunteurs regrettent peut-être de s’être engagés sur des taux de remboursement plus élevés que ceux qui ont désormais cours. Ils se demandent alors si la renégociation de prêt n’est pas une solution pour faire des économies.
Qu’est-ce qu’une renégociation de prêt, et à qui s’adresser ?
Alors qu’il y a quelques années, les taux en vigueur tournaient aux alentours de 6 ou 7%, désormais les banques affichent des taux bien moindres, de l’ordre de 4%. Pour certains emprunteurs, il peut être tentant de vouloir profiter de cette baisse pour réduire un peu le coût de leur emprunt immobilier.
La solution la plus évidente est de vous adresser à l’organisme financier qui vous a accordé votre prêt pour discuter d’une renégociation des conditions de votre emprunt. Mais sachez que s’il s’agit de la solution qui vient en premier à l’esprit, ce n’est pas forcément celle qui sera le plus facile à obtenir. Votre banque n’a en effet aucun intérêt à accéder à votre demande : elle gagnera moins d’argent en vous accordant votre renégociation de prêt, et cela n’entre pas dans ses objectifs de vente ! Néanmoins vous pouvez montrer que vous êtes un bon client et vous appuyer sur le contexte des taux d’intérêt pour faire valoir la légitimité de votre demande.
Vous pouvez aussi faire la démarche de vous adresser à la concurrence, qui sera sans aucun doute ravie d’accueillir un nouveau client. Il faudra procéder différemment : on vous proposera de contracter un nouveau crédit, à un taux moindre, qui servira à rembourser le précédent. On parle alors plutôt de
rachat de crédits. Il y aura sans doute des frais liés à cette opération, et votre nouvelle banque ne manquera pas de vous proposer de multiples offres de service, carte de paiement et autres produits qui ont tous un coût.
Le coût d’une renégociation de prê
Il y a beaucoup de frais à prendre en compte lors d’une renégociation de prêt : l’importance de ceux-ci varie en fonction de nombreux critères. Il faut tout d’abord faire le point sur le type de
crédit que vous aviez souscrit en étudiant le tableau d’amortissement qui vous a été fourni au moment de la signature du contrat. La majeure partie des intérêts est amortie en début de contrat, puis c’est le
capital qui est remboursé. Une renégociation ne doit pas intervenir trop tard, au risque de perdre tout réel intérêt.
Si la renégociation de votre
prêt immobilier se fait par le biais de votre banque, il faudra pourtant envisager certains frais : le paiement d’indemnités de remboursement anticipé, en fonction de ce qui est prévu dans votre contrat (s’il y a une clause de pénalités, il est envisageable de négocier son montant) ; des
frais de dossier, qui peuvent être forfaitaires ou calculés selon un pourcentage du montant du capital restant dû.
Dans le cas où vous décidez de faire appel à un autre établissement financier, là encore il y aura des frais à prendre en compte : vous retrouverez bien sûr les indemnités de remboursement anticipé, telles que prévues au contrat (elles sont limitées à 3% du capital par la
loi Scrivener), les frais de dossier (qui peuvent vous être offerts, mais cela n’a rien d’obligatoire), et il faudra en plus prendre en compte les frais de
garantie, sous forme d’
hypothèque ou de cautionnement, dont le coût varie entre 0 et 5% du montant emprunté.
Quand la renégociation de prêt est-elle rentable ?
Pour qu’une renégociation de prêt soit réellement avantageuse, il faut que plusieurs critères soient réunis. Tout d’abord, il faut qu’il y ait une différence d’au moins 1.2 % en votre faveur entre le taux de votre prêt immobilier et le nouveau taux que vous pouvez espérer. Les taux n’ayant pas beaucoup évolué ces dernières années, il faut donc que votre emprunt date de quatre ou cinq ans au moins. Mais la renégociation ne doit pas non plus intervenir trop tardivement, puisque la majeure partie des intérêts est remboursée dans les premiers temps du prêt. Après dix ans, il n’est plus véritablement intéressant de vouloir renégocier son crédit. Enfin le capital restant dû doit être encore important, supérieur à 50 000 euros. Si votre situation correspond à au moins deux de ces critères, alors une renégociation de prêt peut être envisagée avec profit.
On appelle capital la somme empruntée auprès d’une banque dans le cadre d’un prêt. Le capital peut être versé en une seule fois ou en plusieurs, à l’emprunteur ou au notaire.
Lorsque l’on achète à crédit un bien, un service ou des prestations, on bénéficie d’un délai de paiement. Une banque ou un organisme de crédit vous propose une offre de prêt et, si vous l’acceptez, règle le coût de votre achat à votre place. Vous remboursez ensuite le prêteur selon les modalités définies par le contrat signé. L’achat à crédit coût au final plus cher que l’argent comptant (achat réglé en totalité au moment de la vente), mais permet de faire l’acquisition de biens importants, comme un logement, une voiture…
Les frais de dossier sont une participation que la banque ou l’organisme prêteur demande à son client afin de couvrir les dépenses engagées par l’établissement pour la mise en place du dossier de financement d’un crédit. Le montant en est variable selon les établissements, et ils peuvent parfois être offerts, ou inclus dans le calcul du taux effectif global. On les appelle parfois « commission d’ouverture de crédit », « droits d’instruction » ou « perceptions forfaitaires ».
Au moment d’accorder un contrat, la banque cherche à s’assurer du bon remboursement des sommes prêtées par la prise de garanties. Cette sécurité pour la banque peut être de différentes natures : le cautionnement (une personne s’engage à prendre le relais de l’emprunteur en cas de défaillance de paiement de sa part), l’hypothèque (un bien immobilier sert alors de garantie au bon paiement des échéances) ou le nantissement.
L’hypothèque est une garantie prise sur un bien immobilier, qui sert à assurer au prêteur le bon remboursement des sommes empruntées. En cas de non paiement de la dette, la banque peut faire vendre le bien hypothéqué pour récupérer son argent. C’est la forme de garantie la plus fréquemment demandée, mais elle a un coût relativement élevé du fait qu’elle est un acte notarié.
Datant de janvier 1978, la loi Scrivener fait partie du Code de la consommation et pose les grands principes de protection du consommateur dans le domaine du crédit.
Pour les crédits à la consommation, la loi Scrivener rend obligatoire l’offre préalable de crédit mentionnant toutes les modalités du prêt, et précisant le T.E.G. appliqué à l’opération. Cette offre reste valable 15 jours. Même après l’avoir signée, vous pouvez encore revenir sur votre décision pendant 7 jours, en profitant du délai de rétractation prévu par la loi.
Concernant les crédits immobiliers, la loi Scrivener oblige à une offre préalable de crédit valable 30 jours, avec un délai de réflexion incompressible de 10 jours. Vous ne pouvez pas accepter l’offre avant ce laps de temps. De plus, si l’opération immobilière n’est pas concrétisée au bout de 4 mois, vous pouvez renoncer à votre prêt avec le bordereau de rétractation joint à l’offre préalable.
Le rachat de crédits est une opération également appelée regroupement, refinancement ou restructuration de crédits. Un organisme spécialisé procède au rachat de l’ensemble de vos crédits pour vous proposer un crédit unique, dont le taux aura été recalculé, de même que la durée, en fonction des emprunts multiples que vous avez fait racheter. Concrètement, cette opération vous permet de remettre à plat votre budget, de ne plus faire face qu’à une échéance unique, revue à la baisse. La durée de vos remboursements aura de ce fait été allongée.